A propos de la non-mixité

La non-mixité, c’est la possibilité de se retrouver entre nous, femmes et personnes trans qui subissons – de manière plus ou moins consciente – des discriminations, des obstacles et des violences propres à notre genre. C’est la possibilité pour nous, qui sommes un groupe social dominé, de partager nos expériences en nous libérant du besoin de justifier nos particularités et en nous libérant de la présence intimidante des dominants.

Organiser entre femmes ce festival, et proposer une journée d’ateliers et de conférence en non-mixité, c’est pour toutes les participantes la possibilité de construire notre confiance en nous et la solidarité entre nous. C’est aussi l’occasion de se centrer sur notre point de vue et nos intérêts, sans que le point de vue et les intérêts des dominants s’imposent, comme c’est le cas le reste du temps, dans les espaces mixtes de la société.

La non-mixité est une pratique militante d’auto-détermination et d’auto-émancipation.

Bien sûr, il existe des hommes non machistes, et ce sont nos meilleurs alliés pour lutter contre le patriarcat. Mais il n’existe pas d’homme (né homme) ayant vécu de l’intérieur l’expérience de la discrimination contre les femmes. Il n’existe pas d’homme ne bénéficiant pas, même à son corps défendant, d’avantages liés à son genre. C’est donc à nous de prendre conscience de notre condition commune, de définir nos problèmes et nos objectifs, et de jouer le premier rôle dans la défense de nos intérêts. Faudrait-il que même dans notre propre lutte, nous ne soyons au mieux qu’à côté des hommes, voire derrière ?

Il n’y a pas que les femmes qui utilisent la non-mixité comme outil d’organisation et d’émancipation ; elles ne l’ont d’ailleurs pas inventé. D’autres groupes dominés l’ont fait et continuent à le faire – mais ce sont sûrement les groupes dominants qui en sont les premiers pratiquants. Par exemple, les syndicats organisent les classes laborieuses, ou les cadres, ou les patrons, chacun dans leur organisation non-mixte ; les Blacks Panthers ont fait le choix de la non-mixité entre noirs dans la lutte pour leurs droits civiques ; les Etats les plus puissants se réunissent entre eux au sein du G8.

La ségrégation, c’est-à-dire la séparation imposée, est une des principales formes que prend la domination – que ce soit la domination des riches sur les pauvres, celle des hommes sur les femmes ou celle des blancs sur les non-blancs. Mais ce n’est pas la seule : de nombreux mécanismes de domination perdurent au sein même des espaces sociaux mixtes, malgré la mixité, voire parfois grâce à elle. C’est ce que montre Christine Delphy dans un texte plus long que nous vous invitons à lire ici :La non-mixité, une nécessité politique : http://lmsi.net/La-non-mixite-une-necessite

 

PS : A propos de l’utilisation du terme « homme cis » : cela fait référence à « cisgenre ». Une personne « cisgenre » se situe donc du côté du genre correspondant à celui qu’on lui a assigné à la naissance en fonction de ses organes génitaux visibles.

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